Je ne suis ni de droite ni de gauche, bien au contraire !

Si j’attaque ce billet, suite du précédent qui posait une question, par une réponse en forme de boutade, c’est que je trouve cette réponse tout à fait adaptée à la non-pertinence de la question. Paraphraser Coluche me convient également car cet homme était un grand. Il était perspicace dans son analyse, parfois très critique voire acide, mais capable aussi de lancer des initiatives concrètes comme celle des restaurants du cœur. C’est une association à laquelle je donne année après année, car je sais que l’utilisation faite des dons est essentiellement affectée à nourrir les gens en difficulté, avec des frais de fonctionnement gérés au plus près et dont la répartition est clairement communiquée aux donateurs.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, sur une position politique que je ne classe ni à droite, ni à gauche, mais que je crois pour autant assez affirmée, je précise en préambule que je n’ai pas l’intention personnellement d’entrer en politique ni même d’adhérer à un parti. Non que j’y sois opposé, d’autant que la politique revêt une importance suffisante pour qu’il soit parfois dangereux de trop l’ignorer, mais je suis désormais un peu trop en deuxième partie de vie pour considérer qu’il soit pertinent de ma part de m’engager de cette manière. Et l’absence d’étiquette fixe me permet de garder une totale liberté et honnêteté intellectuelle, quoique puisse devenir l’évolution de telle ou telle formation politique.

Cependant, je crois fondamentalement à la force des idées, à la persistance des faits et j’espère pouvoir partager par l’écrit un certain nombre de convictions que je me suis forgées au fil du temps et de l’observation concrète du monde. Convaincre pour convaincre ne m’intéresse pas en soi, je n’ai pas un ego qui a réellement besoin de cela et j’ai assez de satisfactions dans le reste de ne ma vie pour ne pas en avoir besoin, mais je souhaite avant tout éclairer les débats de ce que je pense avoir appris. Chacun sera libre d’y prendre ce qui l’intéresse ou lui parle et d’ignorer le reste.

Je trouve également cela important dans la mesure où les dérives fascistes et sectaires viennent bien plus vite qu’on ne le pense. C’est pourquoi je souhaite ranimer le débat avant tout sur idées, avec une approche démocratique de l’échange, à l’opposé de la tendance lapidaire et émotionnelle des réseaux sociaux, quand celle-ci ne tourne pas carrément au lynchage ou à la menace. Je m’impose une lecture froide des positions des uns et des autres, que j’appuierai ou dénoncerai de manière argumentée. Si tout le monde s’imposait la même discipline, on éviterait certainement quelques pièges.

Pour revenir à l’analyse développée dans le billet précédent, sur la simpliste vision gauche-droite qui a occupé la scène politique depuis des décennies, mon constat est aussi le suivant. D’élection en élection, la France a été pilotée avec une alternance de coups de rame à gauche, puis de coups de rame à droite (au sens de l’axe simpliste qui privilégie le social au détriment du libéral et inversement). Sans être expert en navigation maritime, je ne crois pas qu’une embarcation pilotée ainsi avancerait très vite, ni même aurait la garantie d’un cap global. Ceci explique très probablement la dérive de notre pays depuis des décennies. Il me semble assez évident que les sujets de développement économique et d’équité vont de pair, il faut ramer à droite et à gauche en même temps, exactement comme on pilote en aviron, on avance bien plus vite ainsi !

On ne peut pas redistribuer de richesses si on n’en crée pas, et si on redistribue tout indépendamment de ce que chacun crée comme richesse, on tue rapidement toute motivation à en créer. On ne peut pas aborder la redistribution sans considérer son impact sur la création future. L’ISF en est l’archétype le plus criant car, s’il permet un peu de redistribution du patrimoine des plus riches à court terme, il induit très certainement bien plus d’appauvrissement pour tous à moyen terme. Je développerai ce sujet de l’équilibre de redistribution dans un autre article, car c’est probablement le point le plus mal compris et celui qui fait dire le plus de bêtises à un maximum de gens. Mais nous n’avons pas besoin d’entrer dans les détails à ce stade pour poursuivre le positionnement global. Et pour revenir au positionnement politique, je propose simplement d’arrêter de supposer que les dimensions libérales et sociales sont opposées. A partir de cette simple hypothèse, on peut imaginer le positionnement politique sur une représentation en deux dimensions :


Sur l’un des axes, je représente l’axe libéral, axe qui promeut la liberté individuelle d’entreprendre, et de créer de la richesse, pour soi d’abord, mais aussi pour le bien de la collectivité, car n’oublions pas que tout individu qui crée une entreprise prospère va doublement financer l’état : par ses impôts personnels et par les impôts de cette entreprise. Au lieu de jalouser les plus riches, on devrait se réjouir qu’ils nous fassent économiser des impôts. A l’opposé de cet axe, existe la notion de communisme, doctrine qui est farouchement opposée à la liberté d’entreprendre comme évoqué dans mon billet précédent.

Sur l’autre axe, je représente l’axe social, celui qui promeut l’équité et permet de rétablir les équilibres lorsqu’ils ne sont pas assez assurés par le marché seul. Il s’agit ici de permettre à ceux qui sont issus de milieux plus modestes d’avoir accès à l’éducation et aux outils de savoir, la clé pour réussir dans le monde d’aujourd’hui. Il s’agit aussi d’aider ceux qui, moins chanceux, sont frappés par la maladie ou le handicap, ou qui, tout simplement, s’en sortent un peu moins bien tout seul. A l’opposé, on peut considérer que tout doit reposer sur l’individu, avec l’idée que chacun doit se débrouiller individuellement et que ce n’est pas à l’état de biaiser les équilibres créés naturellement. On retrouvera cela dans une vision ultra-libérale.

En le représentant ainsi, la notion de social-libéralisme devient une notion concrète, un choix politique possible basé sur un investissement équivalent dans ces deux dimensions, et pour moi quasiment une évidence. L’axe gauche-droite devient une vision étriquée dans une simple dimension, dont les extrêmes peuvent être le communisme d’un côté et l’ultra-libéralisme de l’autre.

De surcroît, cette représentation permet de comprendre pourquoi quelqu’un de gauche verra un social-libéral à droite, et quelqu’un de droite, le verra à gauche. Ils sont tous les deux de bonne foi, ils évoluent simplement dans une seule dimension, parce qu’on les a conditionnés ainsi. Et ils n’ont pas le même « point de vue », au sens de la position, puisqu’ils ne peuvent percevoir que la projection du social-libéralisme sur la dimension unique dans lesquels on les a enfermés (cette projection se trouvant au croisement des deux axes pour ceux qui ont oublié leurs notions de géométrie 😊).

Il faut faire un certain effort intellectuel pour se sortir de cette dimension. Pour les passionnés de science, vous pouvez vous référer à Albert Einstein expliquant la notion d’univers fini mais sans borne. Il prit l’exemple d’individus totalement plats évoluant à la surface de la Terre. En circulant dans tous les sens, ils ne verraient jamais le bout de leur univers mais évolueraient pourtant bel et bien dans un espace fini. Ma comparaison procède de la même idée. Cependant, si vous faites partie des platistes, je vous conseille plutôt les vidéos de Pierre-Sylvain Durif, il est possible qu’elles vous conviennent mieux que mon blog.

Qu’on soit favorable ou non à ce positionnement politique, il me semble crucial d’introduire cette lecture multi-dimensionnelle, car on entend tout et n’importe quoi sur ce gouvernement dont la ligne me semble pourtant la plus claire et la plus cohérente depuis que je suis en âge de suivre la politique.

La ligne suit le programme qui avait été communiqué en amont et comprend effectivement des mesures historiquement perçues comme de gauche et des mesures historiquement perçues comme de droite. C’est bien normal, puisque c’est cet équilibre qui guide la vision de ce mouvement. Et c’est d’ailleurs pour cela qu’il a émergé totalement hors du cadre précédent, en réunissant des personnes qui étaient auparavant des deux côtés du positionnement unidimensionnel précédent.

Il est autorisé d’avoir une autre position politique, mais il me semble particulièrement injuste le positionner comme fondamentalement socialiste, de le cataloguer ultra-libéral ou encore de lui reprocher son incohérence. C’est avant tout un problème de compréhension et de lecture simpliste.

Pour conclure, je finirais en proposant une version « pivotée » de ce schéma, qui permet d’encore mieux retenir visuellement le choix politique qu’il porte, à savoir une ligne tournée vers l’avant (oserais-je dire vers l’avenir ?), en équilibrant « au mieux » l’axe social et l’axe libéral.

Evidemment, si on est nettement marqué latéralement à gauche ou à droite, on trouvera que la politique suivie penche trop de l’autre côté, mais personnellement, je trouve que l’idée d’un chemin équilibré est plus porteur d’espoir que tout ce que l’on nous a proposé jusqu’à présent.

Les débats sur l’équilibre optimal sont légitimes, mais je pense que cet équilibre est indispensable car il s’agit avant tout de faire avancer le pays, plutôt que de rester piégés dans l’immobilisme ou les coups de balancier chaotiques du passé.

Mon positionnement se résume ainsi et c’est pourquoi j’espère sincèrement pour mon pays que nous parviendrons enfin à sortir de cet ‘axe plat’ en nous projetant vers l’avant.

Daniel

2 commentaires sur “Je ne suis ni de droite ni de gauche, bien au contraire !

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