La troisième dimension : l’écologie

Après un petit temps sans publier, ayant privilégié mon organisation personnelle et notamment le retour de ma dulcinée revenue du bout du monde, je reprends le clavier. Je me propose d’attaquer enfin la 3e dimension, l’écologie, une dimension essentielle de tout projet durable de société, particulièrement dans le contexte contemporain.

Avec la marche pour le climat du mois dernier, je suis dans le ton, même si celle-ci a été en partie occultée par les manifestations ou les destructions portant un tout autre objectif, quand elle n’a pas été détournée au profit d’une pseudo-convergence bien alambiquée. Quand on se souvient que le mouvement des gilets jaunes est parti d’un refus de payer le diesel quelques centimes plus cher, c’est assez osé.

Mais revenons au fond, l’actualité m’intéressant finalement assez peu dans sa seule instantanéité. Elle n’est souvent que l’écume des choses, et moi ce qui m’intéresse, c’est la mer. Merci André Gide. Après m’être attelé à sortir de la mono-dimension dans laquelle nos esprits sont souvent enfermés avec l’historique clivage droite-gauche, et bien qu’un nouveau clivage soit en train d’émerger entre les populistes et les démocrates, je me risque à complexifier le modèle en introduisant une troisième dimension.

Si on peut être social et libéral, sans que ces deux notions s’opposent, il me semble qu’on peut aussi porter un projet de société qui prenne en compte la dimension écologique, sans l’opposer à ces deux notions. Et ceci n’est pas garanti par construction, cette dimension étant clairement un axe supplémentaire de réflexion et d’action, qui doit prévaloir à certains arbitrages clés de nos choix de vie et de notre modèle de société.

D’ailleurs, non seulement on peut, mais en réalité on doit. Je ne vais pas m’atteler à rappeler l’urgence sur le réchauffement climatique, la matière abonde sur le sujet, et, sans céder au catastrophisme absolu, il est scientifiquement prouvé que nous devons agir, et aurions même déjà dû le faire avec bien plus d’ambition. Pour autant, je fais partie des gens qui pensent qu’il n’est jamais trop tard, et que, si certains cycles sont longs, particulièrement quand ils doivent mobiliser quelques milliards d’humains, nous avons toujours l’opportunité de changements forts lorsque nous y sommes contraints.

De par mon âge, de nombreux changements sont clairement observables, à la fois dans l’accélération de la consommation, qui elle ne va pas dans le bon sens, mais aussi dans la prise de conscience et la volonté des individus de se soucier du point, particulièrement au sein des plus jeunes générations. Alors plutôt que de céder au défaitisme stérile, ou à la tentation de la révolution de tout le système, ce truc abstrait qui a toujours bon dos pour cacher notre responsabilité individuelle, résumons plutôt les sujets qui doivent nous animer pour faire avancer la cause écologique. Et regardons déjà aussi ce qui a progressé depuis quelques années, même si les résultats sont encore très insuffisants.

Cela devrait nous aider à trouver les chemins réalistes de progrès pour notre planète et le vivant en général, en impliquant tout ceux qui doivent l’être et prendre leurs responsabilités. Mais évitons la facilité de blâmer les autres, qu’ils soient gouvernants, entreprises ou autres individus. L’écologie, c’est l’affaire de tous, et le développement ne peut être durable que s’il est intégré dans tous les maillons de la société, non en opposition avec le système, mais en en faisant structurellement partie.

Rappelons les parties concernées, qui ont toutes un rôle à jouer, et qui interagissent les unes avec les autres :

Il n’est pas possible à mon sens d’espérer un progrès sur l’écologie sans envisager que chaque partie prenne sa part. Mon point de vue est que blâmer une seule partie dessert fondamentalement la cause de l’écologie, en simplifiant le problème et en se déresponsabilisant. Le premier ressort est l’action de chacun, à commencer par l’évolution de son mode de vie. Sans avoir la prétention d’être exhaustif, voici quelques actions concrètes que chaque partie peut prendre pour faire avancer la cause écologique.

Au niveau des actions individuelles, chacun peut par exemple :

  1. Diminuer sa consommation dans de nombreux domaines,
  2. Choisir ses produits en tenant compte de leur impact écologique,
  3. Appliquer les 5 R : Réduire, Réparer, Réutiliser, Recycler et Réinventer,
  4. Limiter ses déplacements et choisir les moyens de transports les plus verts le cas échéant,
  5. Partager les vrais conseils et informations, (en prenant garde au piège du militantisme effréné qui, s’il est excessif, vous noie sous les injonctions dont vous ne savez plus mesurer la réalité et l’importance respective),
  6. Promouvoir le respect des animaux,
  7. Entretenir la nature et la respecter dans son quotidien,
  8. Soutenir des projets écologiques, que ce soit par le bénévolat, le don ou le faire-savoir.

De même, les entreprises peuvent agir aussi à leur niveau pour :

  1. Optimiser la consommation, par exemple de papier dans les métiers de bureau, ou de matières premières dans les métiers de production,
  2. Choisir ses partenaires en intégrant leur politique de développement durable,
  3. Recycler certaines matières de production et les déchets du quotidien,
  4. Promouvoir le covoiturage,
  5. Intégrer la dimension écologique dans ses choix lorsque cela est possible,
  6. Communiquer sur sa politique de développement durable et l’inscrire dans le temps,
  7. Limiter ou compenser les impacts environnementaux lorsqu’ils sont inhérents à l’activité,
  8. Soutenir des projets écologiques par une aide directe ou en appui de ses salariés par des abondements aux projets de ceux-ci.

Enfin, le rôle des états et gouvernement sont particulièrement les suivants :

  1. Partager largement les enjeux de l’écologie et de la préservation de la nature,
  2. Ecouter pour ce faire proactivement les scientifiques, les vrais, sans céder à l’alarmisme de principe, mais en communiquant clairement sur le statut et les risques,
  3. Se coordonner à l’international pour qu’un maximum de pays intègre l’enjeu et sa part de mesures,
  4. Modéliser dans le détail l’impact écologique de certaines filières en incluant l’empreinte écologique totale sur tout le cycle de vie afin d’avoir des vues les plus objectives possibles, avec l’aide d’experts,
  5. Informer au maximum sur ces sujets pour permettre au citoyen de faire le tri sur les vraies priorités (les débats simplistes sur le nucléaire, le diesel, ou la voiture électrique sont souvent très parcellaires voire erronés, et on finit parfois par ne plus savoir ce qui est prioritaire),
  6. Ajuster la législation, avec possiblement des interdictions dans des cas extrêmes, mais sans forcément céder aux pressions de principe souvent court-termistes, notamment lorsque les alternatives ne sont ni disponibles ni démontrées écologiquement,
  7. Rendre l’écologie plus rentable en taxant en fonction de l’impact, l’effet économique étant le plus efficace dans la durée, et en aidant dans quelques cas de transition, l’aide étant rarement un mécanisme vertueux sur le long terme du fait de la création de distorsions,
  8. Planter des arbres à l’échelle de son pays autant que possible dans les territoires publics, ce qui doit être prioritaire vu l’importance du sujet CO2 et le délai nécessaire pour avoir un impact significatif.

En cherchant à établir une liste relativement équilibrée, on se rend vite compte que les trois parties doivent jouer ensemble, et je suis de plus en plus sceptique vis-à-vis des démarches qui cherchent à faire le procès de gouvernements.

D’une part, ce n’est certainement pas le gouvernement d’un pays qui traitera la globalité du problème écologique. D’autre part, cette posture dédouane le citoyen de sa responsabilité, alors qu’il est le premier à pouvoir agir sur son propre mode de vie et de consommation, non obstant son droit de vote sur les gouvernements.

Sans sombrer dans l’angélisme qui consiste à croire que tout sera fait en haut lieu avec le seul intérêt de la nature en tête sans qu’on s’en soucie, il sera certainement plus efficace de prendre sa part d’actions en faveur de l’écologie, et de montrer par son action son pouvoir de choix des produits durables. Le droit de vote de chacun incitera aussi les politiques à éviter l’impasse dans leur programme.

Par l’engagement des citoyens en faveur de l’écologie, les gouvernements n’auront d’autre choix que de traiter cette dimension de manière croissante. C’est d’ailleurs en réalité le cas, en de nombreux endroits, même si l’échelle de résultats à atteindre mérite clairement une accélération de ce processus, et que le cas des Etats-Unis et de son chef d’état en place à ce jour n’a rien de rassurant. Je prends néanmoins le pari que l’écologie continuera de prendre une place majeure dans les débats et orientations au cours de la prochaine décennie.

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