Et si on privilégiait le « Oui » ?

En cette nouvelle année 2019, alors que j’ai désormais débuté mon 2e demi-siècle, je formule le vœu que les Français trouvent un jour le chemin du « oui » plutôt que celui du « non », celui de la construction et non de la destruction, du projet plutôt que du rejet, de l’union plutôt que de la division.

Au-delà de la période particulière qui n’est que la version instantanée de cette observation, j’ai constaté depuis fort longtemps que nous français sommes spécialistes de la critique, de la contestation, de l’opposition et des blocages. Un stage de six mois à l’étranger et la confrontation à de multiples autres nationalités m’ont fait prendre conscience de cette spécificité assez caricaturale des Français en regard des autres cultures, tout du moins statistiquement. Cela nous confère l’avantage d’un esprit critique très affûté, grâce à notre entrainement en la matière, mais s’avère souvent plus contre-productif qu’utile, il suffit d’en juger par l’évolution de la place de notre pays dans le monde.

Je voulais déjà écrire ce billet il y a 4 ans, juste après les attentats de Charlie Hebdo. Alors qu’un mouvement fort et spontané permettait de réunir une très grande majorité de Français et dépasser les clivages historiques et politiques, il se trouvait tout de même des hurluberlus pour décréter « Je ne suis pas Charlie », avec tout un tas de justifications différentes. Je ne me souviens même plus des différents arguments tellement leur intérêt respectif semblait fort secondaire en regard de la nécessité de faire front face au terrorisme et de protéger la liberté de notre presse, et au passage notre démocratie. A l’époque, j’aurais intitulé mon billet « Je ne suis pas je ne suis pas Charlie » pour illustrer le caractère stérile du « Non » mis à toutes les sauces. Mais pris par mon travail, je ne pris jamais le temps de l’écrire malgré un post-it qui traina près d’un an sur mon bureau.

Le danger et l’incohérence du « Non » m’était déjà apparu clairement lors du référendum sur le traité de Maastricht en 1992. Ce « Non », qui créa alors de nombreuses difficultés entravant le projet européen, regroupait aussi bien les gens qui rejetaient ce traité parce qu’il n’allait pas assez loin sur l’Europe, que ceux qui le rejetaient parce qu’il empiétait sur notre souveraineté. Le paradoxe est que si on divisait les gens en 3 catégories, il y aurait probablement eu une majorité relative de gens qui trouvaient l’équilibre bon (presque 50%), et probablement moins de 30% de dans chacune des catégories du « Non ». Le « Brexit » est une version récente de ce paradoxe et probablement d’ailleurs en est une conséquence indirecte, tant les référendums ont empêché la création d’une vraie fédération européenne, ce qui eût certainement été souhaitable au vu de la tournure des événements internationaux, ne serait-ce que pour aborder l’enjeu majeur du réchauffement climatique.

Il est d’ailleurs intéressant mais inquiétant de constater que l’idée de référendums sur tout et n’importe quoi redevient tendance, alors qu’il se trouve être un outil extrêmement délicat à manier et souvent plus dangereux pour la démocratie qu’utile, justement parce qu’il donne plus de poids aux bloqueurs d’une quelconque décision, qu’à ceux qui portent un projet dans son ensemble, dans lequel doit s’inscrire toute question posée.

Alors pour cette nouvelle année, je décide de ne pas céder à ce négativisme franchouillard. Dorénavant, j’ignorerai les manipulateurs de tout poil. Certains ont compris que des titres trompeurs et des pseudo-débats de trois lignes sur les réseaux sociaux pouvaient donner l’illusion de vraies idées et entrainer les gens dans des réactions contestataires ultra-violentes, mais rien ne peut se construire dans ce mode simpliste, cher aux populistes de tout bord dont c’est le fonds de commerce. C’est aussi la raison de la création de ce média pour désormais exprimer mes idées, en prenant un minimum le temps de les mettre en forme et de les argumenter.

Je terminerai ce premier billet en m’associant à l’espoir d’une construction nouvelle, que porteront tous ceux, silencieux mais ô combien nombreux, qui pensent que notre avenir dépend de nous, pour peu que nous l’abordions de façon positive en nous fédérant autour d’un projet cohérent.

J’assistais l’autre jour à une conférence intéressante sur le rôle des PME dans la construction de la France, et Guillaume Connan, président de Chabé, appelait de ses vœux une dynamique articulée autour de trois valeurs fondamentales :

  • La responsabilité sociale,
  • La cause environnementale,
  • La construction européenne.

Je ne peux que souscrire à cette vision qui permet de donner du sens à l’action de chacun et c’est ce qui guidera mes prochaines actions en tant que responsable de PME qui a au moins l’opportunité d’agir à son niveau.

Et je trouve que ce petit schéma résume bien l’équilibre indispensable qu’il faut trouver pour construire dans la durée, au-delà des humeurs instantanées :

Durable

En conclusion, je formule le vœu pour 2019 que le peuple français se retrouve prochainement autour de ces 3 thèmes, avec l’intention de construire, en utilisant toute l’intelligence et l’énergie dont il est capable, à l’image de nos équipes sportives championnes du monde en 2018, parce que c’est de l’avenir de nos enfants dont il s’agit.

Bonne année 2019 à toutes et tous,

Daniel

2 commentaires sur “Et si on privilégiait le « Oui » ?

  1. Merci Daniel pour cette analyse précise et juste..Bonne année également puisse 2019 apporter un peu de sérénité…Et longue vie à ton blog…amitiés Sylvie

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